Cet été apparaît d’ores et déjà sans précédent dans notre histoire climatique.
Et pourtant aggravation des canicules et sécheresses nous sont annoncées depuisune cinquantaine d’années. Il est inepte de réduire le problème à la climatisation desbâtiments publics et logements ; il faut une certaine audace pour reprocher auxécologistes les canicules et les incendies !“Nos maisons brûlent et nous regardons ailleurs” déclarait fort justement notreprésident de la République en 2002. Il complétait ainsi cette célèbre phrase “ouvrezles yeux afin que le 21eme siècle ne devienne pas, pour les générationsfutures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie”. En 2022 la France esttouchée par des incendies exceptionnels. En 2026 rebelote en pire et le consensusscientifique affine depuis 50 ans ses prévisions, annonçant un réchauffement globalde la planète de 4° en 2100 si rien ne change dans nos modes de vie et deproduction.A combien de degrés de réchauffement en sommes nous aujourd’hui alorsque c’est pour beaucoup déjà insupportable, en moyenne mondiale: +1,4°C. Celaparaît insignifiant et pourtant notre climat est profondément modifié si on considèreles phénomènes extrêmes, canicule, sécheresse, mégafeux, orages, tornades,inondations… Sans compter que les incendies rejettent encore plus de gazcarbonique et que les forêts n’en captent pas en cas de forte chaleur et desécheresse, car les arbres se mettent en pause forcée.En temps normal, les arbres capturent le carbone de l'atmosphère pourconstruire leur bois, leurs branches et alimenter le sol. C'est le principe du puits decarbone forestier. Quand la pause estivale s'impose, ce mécanisme s'inverse :● Arrêt du stockage : La captation nette du CO2 tombe à zéro.● Maintien de la respiration : Même s'il est ralenti, l'arbre continue de vivre, deconsommer ses réserves de sucre et de rejeter du CO2.● Inversion du bilan : La forêt rejette alors plus de carbone qu'elle n'enprélève. les arbres soumis au stress hydrique ne participent plus à lacompensation des émissions de CO2 fossile ; qu’ils brûlent ou qu’il meurent,ils relarguent dans l’atmosphère tout le CO2 accumulé venant aggraver lesémissions de CO2 fossile et en conséquence, l’effet de serre.Répété chaque année, ce stress peut tuer le végétal. Ce phénomène, coupléaux incendies et aux maladies, provoque un affaiblissement majeur des forêtsfrançaises…en présence et surtout en absence de feu. La catastrophe annoncée estentrée dans nos vies et l’inaction climatique est la garantie d’une aggravation. Parlerde climatisation et de Canadairs c’est à dire des conséquences du réchauffement estcertes nécessaire mais une toute petite partie de la solution du problème :l’essentiel est de réduire les émissions de CO2 fossile.Une réponse politique à cette catastrophe s’impose : plan d’urgence pour leclimat, pacte national ou européen fruit d’un consensus politique, comme en tempsde guerre, car il s’agit bien d’une sorte de guerre qui nous concerne tous ; il n’est quede rappeler qu’il y a eu plus de 200 000 personnes chassées de chez elles en juillet2026. Je souhaite voir cette lutte contre l’agression climatique émerger de cesdramatiques événements.Enfin, il faut dire et répéter sans relâche: ceux qui bloquent l’actionclimatique sont les mêmes qui, très concrètement, empêchent nos maisons,nos forêts et nos vies d’être mieux protégées la prochaine fois.Jean-François MAURY
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