06 août 2026

L’extraordinaire amené à se reproduire de plus en plus souvent ?

 Cet été apparaît d’ores et déjà sans précédent dans notre histoire climatique.

Et pourtant aggravation des canicules et sécheresses nous sont annoncées depuis

une cinquantaine d’années. Il est inepte de réduire le problème à la climatisation des

bâtiments publics et logements ; il faut une certaine audace pour reprocher aux

écologistes les canicules et les incendies !

“Nos maisons brûlent et nous regardons ailleurs” déclarait fort justement notre

président de la République en 2002. Il complétait ainsi cette célèbre phrase
“ouvrez

les yeux afin que le 21eme siècle ne devienne pas, pour les générations

futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie”
. En 2022 la France est

touchée par des incendies exceptionnels. En 2026 rebelote en pire et le consensus

scientifique affine depuis 50 ans ses prévisions, annonçant un réchauffement global

de la planète de 4° en 2100 si rien ne change dans nos modes de vie et de

production.

A combien de degrés de réchauffement en sommes nous aujourd’hui alors

que c’est pour beaucoup déjà insupportable, en moyenne mondiale: +1,4°C. Cela

paraît insignifiant et pourtant notre climat est profondément modifié si on considère

les phénomènes extrêmes, canicule, sécheresse, mégafeux, orages, tornades,

inondations… Sans compter que les incendies rejettent encore plus de gaz

carbonique et que les forêts n’en captent pas en cas de forte chaleur et de

sécheresse, car les arbres se mettent en pause forcée.

En temps normal, les arbres capturent le carbone de l'atmosphère pour

construire leur bois, leurs branches et alimenter le sol. C'est le principe du puits de

carbone forestier. Quand la pause estivale s'impose, ce mécanisme s'inverse :

Arrêt du stockage : La captation nette du CO2 tombe à zéro.

Maintien de la respiration : Même s'il est ralenti, l'arbre continue de vivre, de

consommer ses réserves de sucre et de rejeter du CO2.

Inversion du bilan : La forêt rejette alors plus de carbone qu'elle n'en

prélève. les arbres soumis au stress hydrique ne participent plus à la

compensation des émissions de CO2 fossile ; qu’ils brûlent ou qu’il meurent,

ils relarguent dans l’atmosphère tout le CO2 accumulé venant aggraver les

émissions de CO2 fossile et en conséquence, l’effet de serre.

Répété chaque année, ce stress peut tuer le végétal. Ce phénomène, couplé

aux incendies et aux maladies, provoque un affaiblissement majeur des forêts

françaises…en présence et surtout en absence de feu. La catastrophe annoncée est

entrée dans nos vies et l’inaction climatique est la garantie d’une aggravation. Parler

de climatisation et de Canadairs c’est à dire des conséquences du réchauffement est

certes nécessaire mais une toute petite partie de la solution du problème :

l’essentiel est de réduire les émissions de CO2 fossile.

Une réponse politique à cette catastrophe s’impose : plan d’urgence pour le

climat, pacte national ou européen fruit d’un consensus politique, comme en temps

de guerre, car il s’agit bien d’une sorte de guerre qui nous concerne tous ; il n’est que

de rappeler qu’il y a eu plus de 200 000 personnes chassées de chez elles en juillet

2026. Je souhaite voir cette lutte contre l’agression climatique émerger de ces

dramatiques événements.

Enfin, il faut dire et répéter sans relâche: ceux qui bloquent l’action

climatique sont les mêmes qui, très concrètement, empêchent nos maisons,

nos forêts et nos vies d’être mieux protégées la prochaine fois.

Jean-François MAURY

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